De 2009 à 2011, la bibliothèque municipale d'Agen profite d'une entière rénovation. Elle devient une médiathèque. Ce blog présente le projet et l'avancé des travaux. En parallèle, un thème présente l'histoire du bâtiment, et un autre des ouvrages conservés dans nos archives.
La bibliothèque d’Agen se trouve dans un secteur occupé dès l’Antiquité. En effet, la rue Montesquieu longeant le bâtiment correspond à l’ancien cardo de la ville gallo-romaine. A quelques mètres à l’est, il y avait dès le début de notre ère un théâtre dont les restes étaient encore visibles au XVIIIème siècle. De plus, un amphithéâtre existait au nord de la ville, ce qui fait d’Agen une des rares villes antique du Sud-Ouest à posséder les deux établissements (voir l'emplacement du théatre sur le plan actuel de la ville par ce lien).
L’histoire du bâtiment qui héberge aujourd’hui la bibliothèque remonte au XVIIIème siècle. Antérieurement, les archives font état d’un terrain vague à son emplacement appartenant à un chanoine de la collégiale St Caprais. En 1763 la maison qui occupe l’espace dans lequel se trouve la bibliothèque aujourd’hui, tombe en ruine, M. Guiton de Monrepos la fit démolir mais ne pouvant financer sa reconstruction il vend le bien à M. de Viguié en 1765. Celui-ci commença la construction d’un hôtel particulier mais trouvant le terrain trop grand pour lui le sépare en deux lots : l’un pour lui, sur lequel il fera bâtir une maison qui deviendra la maison Laforre et l’autre qu’il céda à Monsieur Médard de Laville, père du futur savant Lacepède. Monsieur de Laville fit donc l’acquisition d’une maison neuve et d’un jardin situés dans la partie la plus proche de la Porte Neuve. Il y fit achever, en 1771, l’hôtel particulier s'adossant aux remparts, l’orna d’un magnifique mobilier et de splendides tapisseries d’Aubusson conservées à la Préfecture (voir une autre salle) . Le bâtiment tel que nous le connaissons aujourd’hui date de cette époque. C'est entre ces murs que Lacepède, futur naturaliste et premier chancelier de la légion d'honneur va faire ses premières armes. L’hôtel était alors l’un des mieux fréquentés d’Agen, on y donnait de remarquables concerts. Après la mort de son père, Lacepède vendit son bien, le 22 juin 1785, à un fabricant d'indiennes, Jean-François Dulcide Darribeau aîné qui devient le nouveau propriétaire en viager. Suite à la révolution, les affaires de Darribeau se gâtèrent et il céda l’hôtel à Lacepède. Ce dernier, ne comptant pas rester sur Agen, vendit son bien, en 1801, au Duc de Narbonne-Lara qui en resta propriétaire jusqu’à sa mort en 1806. Alors que les futurs héritiers du Duc de Narbonne Lara cherchent à liciter leurs biens, le département est en quête d’un immeuble pour loger son nouvel évêque d’Agen. En 1807, Napoléon signe un décret impérial transférant l’hôtel Lacépède au département qui devient le logement de l’évêque d’Agen, Mgr Jacoupy. Dés l’année suivante et pour un siècle, l’hôtel Lacepède devient le palais épiscopal jusqu’en 1907. En 1902, les évêques font construire un autre évêché près de l'église du Sacré Coeur. Le département cède le bâtiment Lacepède à la Ville d’Agen en 1923 qui y installa son école de musique en 1924. Celle-ci partagera le bâtiment avec le receveur municipal et les services départementaux jusqu’en 1938. Pendant la guerre, l’hôtel est principalement dévolu au service du ravitaillement et des stocks. Le transfert du Cours complémentaire de jeunes filles Henri-Martin eu lieu en 1938 mais ce n’est qu’en 1958 que le cours complémentaire prit le nom de Lacepède. Quelques années plus tard, au début des années 60, l’école Lacepède devient exiguë pour ces demoiselles. Il est un instant envisagé de construire un bâtiment supplémentaire. Ce projet abandonné, le ministère de l’éducation nationale finira de démanteler ce collège devenu d’enseignement général depuis 1960. Manquant cruellement de place pour ses services municipaux, la municipalité Esquirol, va donc transférer la bibliothèque à l’hôtel Lacepède en 1975, sous la conduite d’Anne-Marie Labit, future madame Esquirol.
Sources texte et images: Archives départementales, communales et de la bibliothèque.
La Porte Neuve